2013

Michel Ronchin – poète

 

A 75 ans, Michel Ronchin vit pour l’écriture et les joies et plaisirs qu’elle procure. A travers ses poèmes et ses pièces de théâtre, il parle de sa ville qu’il aime faire découvrir aux autres à travers les mots Homme de mémoire et de devoir, Michel Ronchin se décrit comme un enfant de la mine et du bâtiment. Depuis 13 ans qu’il vit à Stains, dans le quartier du Clos Saint-Lazare, l’écrivain y a trouvé une source inépuisable d’inspiration. « Je suis né dans Le Nord et j’ai vécu très longtemps à Lille avant de m’installer à Champigny et de débarquer à Stains il y a plus de treize ans, confie-t-il. J’ai exercé de nombreux métiers comme libraire ou collaborateur pour un journal municipal, j’ai aussi dirigé une revue pour les professionnels du cinéma avant de tomber gravement malade. » Pendant cette longue maladie qui le tient éloigné du monde du travail durant huit années, l’homme, courageux, ne se démonte pas. Il part à la découverte d’un nouveau monde vers des aventures toujours plus nombreuses et dangereuses. Avec sa plume à la main, il voyage comme un nomade, à la recherche de nouveaux récits. Après avoir posé ses valises au Clos Saint-Lazare il décide de consacrer son temps à son quotidien, à la vie dans la cité, à ces solidarités qui naissent partout où les gens prennent le temps de s’arrêter et de discuter. « A Stains et ailleurs, des noms de rues, des plaques apposées sur les façades de maison, rappellent le sacrifice des combattants de l’ombre, contre le fascisme, le nazisme, raconte Michel Ronchin. Depuis que j’y habite, je parcours la ville, par nécessité, par hasard ou curiosité.

« J’écris pour être lu et non pour être reconnu, même si j’aimerais qu’une de mes pièces de théâtre puisse un jour être mise en scène ».
Je m’y arrête pour entendre ou voir la mémoire, les mémoires. Même si je ne les cite pas toutes, j’essaie de raconter l’histoire de celles et ceux qui ont fait la ville ou qui ont fait la France libre que nous connaissons. » Comme dans un rêve éveillé, l’homme nous conte des histoires par milliers, sous forme de poèmes. Pour lui, l’art est une manière de vivre et une manière d’être et aussi une quête du bonheur. Autodidacte, tout ce qu’il sait, il l’a appris par lui-même et son plus grand plaisir, c’est de partager son savoir et son savoir-faire avec le plus grand nombre, histoire de montrer que toutes les réussites sont possibles, même lorsqu’on n’est soit- disant pas instruit. « Il y a une vraie vie au Clos Saint-Lazare, c’est ce que j’ai appris depuis 13 ans que j’y vis, affirme-t-il. J’ai été blessé par le reportage de France 3, pour ces hommes, ces femmes, ces garçons, ces filles, qui se battent tous les jours pour donner vie au quartier et qui comme moi se sont sentis sali par ce reportage outrancier. Comme Robert- Vignes, capitaine FTPF mort pour la France dans les bagnes nazis, ces hommes, ces femmes racontent et partagent une histoire de toujours, des solidarités une vision du monde qui par-delà leurs différences les unissent et leur permettent d’avancer sans rien attendre en retour. Ils ne comptent ni leur jour, ni leur nuit au service d’une certaine idée de la dignité et de la vie et ils portent en eux des images fortes de ces solidarités qui nous permettent d’avancer main dans la main. » Pour Michel Ronchin, l’art est partout, dans un plat cuisiné et mijoté, comme dans la peinture d’un tableau, les lignes d’un roman, les vers d’un poème ou les dialogues d’une pièce de théâtre. Et, pourtant, il estime qu’il n’y a pas de recette miracle. « L’écriture pour moi est devenue une maladie incurable, confie-t-il. J’écris pour être lu et non pour être reconnu, même si j’aimerais qu’une de mes pièces de théâtre puisse un jour être mise en scène. Car, dans la vie comme dans l’art, j’aime les rencontres et ça me plairait de voir de mon vivant ce mélange des genres de l’écriture à la réalisation sur scène. » En attendant, ces deux garçons et ces trois petits-enfants peuvent être fiers de cet homme qui a suivi les chemins de l’imagination pour nous donner à nous aussi le droit de rêver, si possible à un monde meilleur. Mais ceci est déjà une autre histoire

Carole Sapia - journaliste au 7 Jours à Stains.  Article paru dans le n°490 - mars 2008.

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